Promis le ciel

Affiche film Promis le cielDe Erige SEHIRI – Tunisie/ France -2026 -113 min – Fiction – VO arabeSTF

Sélection au festival de Cannes 2025, Un certain regard
Festival International du Film de Marrakech 2025 : Étoile d'Or, Prix d'interprétation féminine : Debora Lobe Naney

Scénario : Erige Sehiri, Anna Ciennik, Malika Cécile Louati – Image : Frida Marzouk – Musique : Valentin Hadjadj – Montage : Nadia Ben Rachid – Son : Aymen Laabidi - Décors : Amel Rezgui - Costumes : Imen Khalledi – Interprétation : Aïssa Maïga - Laetitia Ky - Debora Lobe Naney - Mohamed Hassine Grayaâ - Foued Zaazaa - Estelle Kenza Dogbo - Touré Blamassi - Productrices : Didar Domehri et Erige Sehiri - Production déléguée : Maneki Films, Henia Production - Distribution France : JOUR2FÊTE, Sarah Chazelle et Étienne Ollagnier, 16, rue Frochot 75009 Paris, contact@jour2fete.com tel :01 40 22 92 15

Synopsis

Marie, pasteure ivoirienne et ancienne journaliste, vit à Tunis. Elle héberge Naney, une jeune mère en quête d'un avenir meilleur, et Jolie, une étudiante déterminée qui porte les espoirs de sa famille restée au pays. Quand les trois femmes recueillent Kenza, 4 ans, rescapée d'un naufrage, leur refuge se transforme en famille recomposée tendre mais intranquille dans un climat social de plus en plus préoccupant.

La réalisatrice

Erige Sehiri est une réalisatrice et productrice franco-tunisienne, dont le travail oscille entre réalisme documentaire et fiction narrative. Elle débute sa carrière cinématographique avec LA VOIE NORMALE (2018), un documentaire salué par la critique qui met en lumière les luttes quotidiennes des cheminots tunisiens. En 2022, elle écrit, réalise et produit son premier long métrage de fiction, SOUS LES FIGUES, un portrait sensible de la jeunesse rurale. Le film est présenté à la 54e Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes 2022 et devient la candidature officielle de la Tunisie aux Oscars 2023.
Au-delà de son travail de cinéaste, Erige Sehiri défend la liberté d’expression et l’éducation aux médias. Elle est cofondatrice du média indépendant INKYFADA et de l’ONG tunisienne Al Khatt. Elle est également membre fondatrice du collectif Rawiyat – Sisters in Film, qui soutient les femmes cinéastes du monde arabe et de sa diaspora. Son deuxième long métrage, Promis le Ciel, a été présenté en avant-première dans la sélection officielle Un Certain Regard au festival de Cannes 2025.

Pour compléter :
Dossier de presse : Entretien avec la réalisatrice

Comment est né Promis le ciel qui met en scène trois femmes originaires d’Afrique subsaharienne et leur quotidien oppressant dans une ville de Tunis gangrénée par le racisme ?

Erige Sehiri : L’idée de ce film remonte bien avant Sous les figuiers, en 2016, quand j'ai réalisé un court-métrage documentaire centré sur les étudiants sub-sahariens qui s'installent en Tunisie pour faire leurs études. J’avais été frappée par leurs témoignages qui m’ont donné envie de creuser le sujet. De m’intéresser davantage à la communauté subsaharienne en Tunisie. Et de voir comment les pays du Maghreb peuvent être aussi bien des opportunités pour d'autres nationalités africaines qu’un endroit où les gens se retrouvent coincés entre leur désir d'aller en Europe et leur impossibilité de retourner dans leur pays. Et puis j’ai fait la rencontre décisive d’une journaliste ivoirienne qui a commencé à m’expliquer qu’elle avait un deuxième métier dans sa vie et pas n’importe lequel : pasteure ! C’est d’elle dont je me suis directement inspirée pour le personnage qu’incarne Aïssa Maïga.

Vous venez du documentaire. En quoi vos expériences dans ce domaine nourrissent vos fictions ?

Le documentaire a été mon école et j’essaie de conserver dans mes fictions cette même part d’expérimentation. Avoir fait du documentaire me permet de construire et de déconstruire tout le temps et de remettre en permanence en question mon propre regard sur les personnes que je filme. Je fais des films ancrés dans le réel mais j’essaie que ce réel soit autant sublimé que questionné. Y compris dans le casting où des rencontres d’acteurs ou de non professionnels vont m’inspirer des personnages ou faire évoluer ceux que j’ai été. Ici, j'ai fait la connaissance de Deborah Christelle Lobe Naney qui joue son propre rôle dans le film en faisant un casting sauvage à Tunis auprès de la communauté subsaharienne. Pour le rôle de l'étudiante, j’ai contacté Laetitia Ky via Instagram où j’avais été fascinée par ses créations : les sculptures qu’elle fait avec ses cheveux. Elle me semblait posséder ce côté singulier de Jolie, cette étudiante qui essaie de revendiquer justement son indépendance dans une famille qui ne cesse de la renvoyer à sa communauté.

Et comment est arrivée Aïssa Maïga dans cette distribution ?

Je cherchais qui pourrait jouer, avec un temps de préparation très réduit, une pasteure ancienne journaliste, engagée, féministe et charismatique. Et à mes yeux, Aïssa incarne ces trois adjectifs- là. Alors je l'ai contactée et on a beaucoup discuté. Elle est venue à Tunis où elle a rencontré la vraie pasteure qui m'a inspiré le rôle. Dans la démarche de ce film, il y avait l'idée de faire fi des archétypes, de montrer la diversité des parcours et des trajectoires, et donc la complexité des personnalités de ces femmes. C’est ce qui les rend attachantes.

Définiriez- vous Promis le ciel comme un film politique ?

J’aime citer Godard qui disait que c'est la manière dont on place la caméra et dont on filme qui est politique. Je rajouterai simplement que c'est aussi les personnages qu'on choisit de filmer. En l’occurrence ici ces femmes d'origine ivoirienne ou malienne, installées à Tunis, qu'on appelle en Tunisie « les Africaines », alors que les Tunisiens sont eux- mêmes africains. Cela rappelle qu’on est tous « l'autre » de quelqu'un, en Tunisie comme en France.

Regard du Festival de Cannes 2025.